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Le Pilates, atout d'Isabelle Joschke pour performer en mer

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24/05/24
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Le Pilates, atout d'Isabelle Joschke pour performer en mer

Isabelle Joschke, skipper MACSF, accorde une grande importance à sa préparation physique à terre. Toute l’année, le Pilates occupe une place centrale dans son programme d’entraînement, afin de renforcer son corps et prévenir les blessures. Dans cette interview exclusive, Johanna Huet, sa professeure de Pilates, nous dévoile les secrets de cette discipline et comment elle l'adapte aux besoins spécifiques de la navigatrice.

Le but du Pilates vise à rendre le corps plus fonctionnel. Avec Isabelle, c’est génial car elle est hyper réceptive et on peut vraiment aller travailler de manière hyper fine, dans le détail. - Johanna Huet, professeure de Pilates d'Isabelle Joschke.

Quel est votre parcours ?  

 

Johanna Huet : J’ai suivi des études d’économie. J’ai toujours fait beaucoup de sport et notamment de la danse (classique, moderne, claquettes, hip-hop, africaine, salsa…). Étant petite, je rêvais de devenir danseuse professionnelle. Mais malheureusement, cela ne s’est pas passé comme je le voulais. Avant de devenir professeure de Pilates, j’étais acheteuse dans le milieu de l’environnement, pour une grande institution publique. Et puis en 2016, je me suis fracturé le coccyx en seize morceaux, me retrouvant dans l’impossibilité de m’assoir. Deux ans plus tard, je faisais un burnout. A la suite de cette succession d’accidents, j’ai pris la décision de changer de vie professionnelle. De toutes les manières, je ne me sentais plus à ma place ni en adéquation avec le monde au sein duquel j’évoluais. L’heure était venue de changer de vie ! 

 

Depuis combien de temps pratiquez-vous le Pilates ?

 

Après mon accident en 2016, mon ostéopathe m’a orientée vers la pratique du Pilates sur machine. J’ai commencé à rentrer dans cet univers sans savoir que ça allait changer ma vie. Grâce au Pilates, j’ai réglé tous mes problèmes de dos et cela m’a vraiment aidée à surmonter mes lombalgies, mes sciatiques et tous les problèmes qui ont suivi ma fracture. En 2018 j’ai décidé de suivre une formation sur trois ans pour enseigner cette discipline. Tout en continuant d’exercer mon métier d’acheteuse, j’ai commencé à travailler dans les studios de Pilates parisiens, l’enseignement faisant partie de la formation. J’ai même donné des cours dans l’entreprise au sein de laquelle je travaillais en tant qu’acheteuse. Durant cette période, je faisais à peu près 60 heures de travail par semaine ; c’était intense ! Au fil du temps, mon projet s’est affiné, avec la volonté de quitter Paris pour partir vivre en Bretagne avec ma famille. Et un beau jour, ma coach de Pilates m’a appelée en me disant qu’elle avait entendu qu’un studio de Pilates lorientais cherchait un repreneur. Huit mois plus tard, j’en devenais l’heureuse propriétaire ! J’ai posé mes valises à Lorient en 2022. Si j’ai aujourd’hui achevé ma formation, l’apprentissage du Pilates se poursuit à travers un programme de formation continue. Si je résume, cela fait donc six ans que j’enseigne le Pilates. 

 

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste le Pilates ? Quels sont ses bienfaits ?  

 

Le but du Pilates vise à rendre le corps plus fonctionnel. En d’autres termes, on vient solidifier la base pour permettre la performance. Avec et sans machine, les deux méthodes sont complémentaires. Selon la charge que l’on y met, le Pilates peut devenir une discipline très intense. Il permet d’assouplir le corps et les muscles en profondeur, de manière très précise. Avec Isabelle, c’est génial car elle est hyper réceptive à cela et on peut vraiment aller travailler de manière hyper fine, dans le détail. L’idée est d’avoir une action sur le moyen - long terme. C’est un travail de longue haleine.  

Il joue aussi un rôle très important dans la prévention des blessures. On se blesse souvent en raison d’une surexposition à certaines postures ou certains gestes. Le Pilates vient contrebalancer et rééquilibrer tout cela. Il présente également un côté thérapeutique, avec le mouvement qui soigne. Cette discipline a un impact direct sur le bien-être, en favorisant le travail en pleine conscience de son mouvement. Il apporte aussi cette idée, qui vient d’Orient, et qui consiste à se soigner avant que la maladie n’arrive. 

 

Quels sont les avantages de la pratique du Pilates pour un sportif de haut niveau ? Et plus particulièrement pour un skipper ? 

 

Avec les skippers qui viennent ici, je m’oriente vers du Pilates très doux. Pour ceux qui, par exemple, font beaucoup de CrossFit dans leur préparation physique, on vient travailler sur la mobilité et la souplesse. Il y a une problématique commune pour la grande majorité des marins : le controlatéral. C’est-à-dire qu’ils vont être beaucoup dans les rotations. S’ils peuvent changer de bord pour compenser, ils auront toujours un côté plus fort que l’autre. Le controlatéral fonctionne en diagonales : bras gauche / jambe droite, bras droit / jambe gauche. Par exemple, dans le cas d’Isabelle, on va chercher à étirer sa chaîne forte (bras droit / jambe gauche) et à renforcer la chaîne opposée. Chaque corps est vraiment différent et évolue au fil du temps : ce qui fonctionne dans un cas ne marchera pas forcément dans l’autre, et il faut sans cesse être à l’écoute du ressenti des pratiquants… Avec Isabelle c’est juste nickel car elle a une excellente connaissance de son corps. 

 

Comment le Pilates s’inscrit-il dans la préparation d’Isabelle ?  

 

Isabelle est l’une de mes élèves les plus régulières ; c’est même celle que je vois le plus souvent au studio !  

Il y a plusieurs étapes dans sa préparation. Lors d’un retour de course, on est en mode récupération totale, pour remettre de l’huile dans les rouages. On fait beaucoup d’exercices de mobilité en bougeant chaque articulation, en travaillant sur la respiration et la reprise progressive de force. Après le Retour à la Base, Isabelle venait tous les jours au studio, pendant 1h30 ! Nous avions des séances assez intenses ! Au fur et à mesure, on va remettre un peu de charge, en revenant vers les machines pour renforcer la masse musculaire, avec un effort ciblé sur les jambes pour les navigants. Nous serons au maximum de l’intensité dans une phase de préparation avant une course. Plus le jour du départ approche, plus on se recentre sur la mobilité, la gestion du stress, avec beaucoup d’exercices de respiration, d’apnée, de mouvements…  

 

Quels sont les points forts d’Isabelle dans cette discipline ? 

 

Isabelle est dotée d’une grande souplesse. Elle est aussi très centrée, en étant hyper consciente de son ancrage et précise dans sa pratique. Elle fait bien le lien entre le corps et l’esprit. Le revers de la médaille, c’est d’être parfois un peu trop dans le contrôle. C’est le sujet qui nous anime en ce moment ; j’essaie de la faire sortir de cette recherche de précision, en l’invitant à gérer l’énergie qu’elle investit dans l’exercice. Parfois, je vais lui demander d’apporter un peu moins d’énergie pour essayer d’être plus dans l’endurance et tenir plus longtemps, pour rester dans des postures difficiles. Ces séances jouent le rôle de préparation mentale. 

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